Nadia - Le Secret de l'eau bleue s'inspire très largement des romans de Jules Verne 20,000 Lieues Sous Les Mers et  l'╬le MystÚrieuse (cf. "lost" Nadia de la page de Marc Hairston). 20,000 lieues sous les mers, publié en 1872(!), raconte la chasse d'un mystérieux monstre marin responsable de nombreux naufrages : ce monstre marin s'avère être le tout premier sous-marin jamais inventé par l'homme, le Nautilus, construit et commandé par un homme qui se nomme lui-même Nemo, ie "personne" en latin. Jules Verne y donne plusieurs indices portant à croire que Nemo connait une partie de la vérité sur l'Atlantide. L'Île Mystérieuse, simple référence anecdotique, refait apparaître Nemo, pour l'y faire mourir, seul.

Gainax s'est emparé du roman de Jules Verne pour y piocher l'amorce de "Nadia" (les toutes premières scènes du premier épisode montrent des monstres marins attaquant des navires en détresse en pleine mer) et quelques personnages : le plus évident de tous est le célèbre capitaine Nemo. L'idée du maître et de son disciple, personnalisée dans le roman par le professeur Aronax et Conseil, est reprise par le couple Electra-Jean. Enfin, comment ne pas voir en Caïus, voire même la bande de Galdys, l'erzatz du marginal, impétieux et solide Ned Land.


L'autre grande source d'inspiration de Nadia - Le Secret de l'eau bleue est l'oeuvre de Miyasaki, telle qu'elle existait en 1989-1990, à savoir principalement Laputa, le chateau dans le ciel et Nausicaä de la vallée des vents. Il est même dit que la Gainax aurait simplement réalisé des copies des planches du maître, ce qui relativement vraisemblable : la Gainax est connue pour prendre les principes "qui marchent bien" pour les modifier, mélanger, ce jusqu'à la sortie d'un nouvel anime. Il faut reconnaitre qu'ils sont très bons dans ce genre, l'impression donnée étant rarement estampilliée"pâle copie", si ce n'est jamais, Par exemple, la plupart des anime de la Gainax sont truffés de gags et de super-déformations, parfois même des scènes semi-SD, techniques jamais utilisées dans les films de Miyasaki.

"Laputa, le chateau dans le ciel" est le film dans lequel Nadia semble le plus avoir puisé ses sources. Le film, sorti en 1985, raconte l'histoire d'une jeune fille Shita pourchassée par un groupe de pirates (qui s'avèrera plus tard devenir un allié) et des agents du gouvernement. La raison : la descendance directe de Shita avec les souverains de Laputa, une gigantesque forteresse volante perdue depuis des siècles. Shita possède une amulette et connait un dialecte, qui lui permettent de contrôler Laputa et ses gardiens. La jeune fille se prend d'amitié pour un jeune garçon, Panzu, qui cherche lui aussi Laputa dans le but de retrouver son père disparu parti à la recherche de Laputa. Ensemble, ils finissent par s'allier à Dora et sa bande de pirates pour échapper au sinistre Mooska, l'agent du gouvernement, qui veut utiliser Laputa et son formidable armement pour dominer le monde. La fin du film s'achève avec la perte définitive de Laputa.

Les parallèles sont frappants, même s'il existe - heureusement - de nombreuses différences. Aucune référence temporelle n'est indiqué dans le monde de "Laputa", qui est une création originale de Miyazaki, création inspirée très certainement de sa toute première série "Conan, le fils du futur". Les diverses machines volantes et Laputa elle-même sont totalement fantastiques et n'ont rien à voir avec le style scientifico-technique des mecha dans "Nadia". Shita et Panzu sont plus jeunes que Nadia et Jean, et leur relation n'atteint pas encore un stade romantique. Dora, le chef des pirates, est une vieille femme, a contrario de Gladys. Shita étant orpheline, l'équivalent du Capitaine Nemo n'existe pas ; le rôle du leader des gentils est repris par Dora. Enfin, le personnage et le rôle d'Electra dans "Nadia" ne trouvent aucun modèle dans "Laputa" ; ce simple fait retire à "Nadia" son assimilation de plagiat vis à vis de "Laputa". Par contre, et c'est l'élément probablement le plus important de Nadia, l'accent est porté sur la personnalité des personnages, leurs parcours, leurs aspirations, leurs craintes et leurs motivations. Et certains d'entre eux, comme Electra et Nemo, sont suffisament révélateurs quant à leurs tourments.

L'autre oeuvre de Miyasaki dont s'inspire "Nadia" est "Nausicaä de la vallée des vents" (1982), ou "Kaze no Tani no Nausicaä" en japonais, sur laquelle Hideaki Anno y a travaillé. En outre, "Nausicaä" a été un succès retentissant dans le monde de l'animation, et Gainax souhaitait répéter un tel succès.

Par exemple, le titre seul en dit long sur les intentions de la Gainax : "Fushigi no Umi no Nadia". Après "Nausicaä", la formulation "A no B no C" était considérée comme un titre idéal pour un anime et "Nadia" s'y prêtait à merveille. Il y a aussi la jeune héroïne avec son compagnon animal : Nausicaä avait son renardeau Teto ; Nadia aura son lionceau Attila. Nadia et Nausicaä ont de nombreux points en commun : elles sont princesses, elles peuvent communiquer avec les animaux, et elles sont profondément pacifiques (quoique Nadia est quasiment extrémiste dans son attitude).

Une autre similarité générale est la prédominance du thème du "Vol" : Hayao Miyazaki adore les choses qui volent, et il s'agit d'un récurrence dans son oeuvre : "Laputa", "Majo no Takkyubin", "Porco Rosso", "Nausicaä", tous ces anime exacerbent le vol, le survol, le ciel. Et dans "Nadia", Jean voue une fascination sans égal pour la technologie, et les avions en particulier (nous sommes en 1889, les début de l'aviation) ; Argon possède des vaisseaux de guerre aériens, et la bataille finale a lieu finalement dans l'espace.